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1954

Tuesday, February 20th, 2007

Michelet
Mais quand la mort menace-t-elle ? Comment Michelet mange-t-il l’Histoire ? (I 255) Reste pourtant une question : que devient cet homogène, quand on passe du plan de la Nature à celui de l’Histoire ? Qu’est-ce que l’homogène dans le temps ? (I 263) Y a-t-il à proprement parler des faits historiques ? Aurait-on jamais l’idée de dire que la méduse est «cause» de la baleine, ou même que la graine est «cause» de la fleur ? Comment passe-t-on d’une figure du Juste à l’autre ? (I 264) Puisque la Révolution accomplit les temps, que peut bien être le temps qui suit la Révolution, et qui est précisément celui où vit Michelet ? Le XIX siècle est bien gênant ; pourquoi continue-t-il, puisqu’il n’a plus de place dans le combat de la liberté ? Qu’est-il donc ? (I 281) Mais où est le véritable enjeu du travail historique ? Est-ce de retrouver un ordre pointilliste des détails, comme le veulent Taine et l’Ecole scientiste ? ou bien au contraire, la plénitude, l’onctuosité immense du passé ? (I 291) Qu’est-ce donc que le peuple pour Michelet ? Quoi, personne d’exclu ? (I 348) Quel grain dérisoire dans les liaisons de cet univers triomphant du lisse et du chaud ? (I 349) A quoi reconnaître un thème de Michelet ? (I 357)
Textes
Et pourtant qu’est-ce que le tonnerre final à côté de la durée de Don Juan ? (I 377) Régimes, partis, presse, littératures, esthétiques, qui ne se dit populaire ? Comment pourrions nous prétendre définir d’emblée un théâtre collectif, alors que notre société française n’est encore que trop visiblement déchirée, soumise dans sa structure économique à la dure sécession des classes sociales ? (I 381) Mais est-ce notre faute à nous, si l’époque est peu glorieuse, abandonnée à des forces multiples de récession ? (I 383) Et si l’on admet - ce qui pour ma part m’apparaît inutile ou on tout cas prématuré - qu’il faille analyser l’acte d’adhésion du public au spectacle, ce sera selon les postulats de quelle psychologie ? (I 387) Qui va au théâtre, en France ? Quelles classes, quels groupes, et dans quels théâtres ? Et s’il n’y répond pas, comment peut-il espérer me renseigner sur la «psychologie» profonde du public ? Or, ce que l’académisme fait si gaillardement à propos des foules du théâtre antique, c’est-à-dire une spectroscopie sociale, par quel scrupule hésiterions-nous à la faire pour notre temps, notre société, nos théâtres ? (I 388) Prenez la scène ouverte par exemple. Que signifie-t-elle, sinon qu’ici le pouvoir de qualifier le lieu tragique est confié au spectateur lui-même et que c’est enfin l’homme, et non le technicien qui fait son spectacle ? (I 393) De quoi aurait-il à se plaindre, Louis XIV ? Quoi, Molière, c’est ça, c’est la binette gouailleuse de Fernand Gravey, qu’on a vu tant de fois traîner dans des films de boîtes de nuit ? Voltaire, c’est ce cabot vénérable, qui «pose» à l’esprit avec toute l’artillerie lourde de l’art odéonien ? Louis XIV, c’est ce visage fardé et flétri dont l’artifice laborieux insulte au décor minéral et pur de Versailles, ici véritablement souillé par l’homme ? (I 401) L’erreur historique est un phénomène adulte, mais quel sens peut-elle avoir dans cette préhistoire de l’imbécillité ? (I 402) L’Histoire, c’est cela, c’est une communauté de comptes, et quel enfantillage de changer de régime politique, n’est-ce pas, M. Guitry, puisque la France, c’est une continuité de gros sous qui rapportent ? (I 403) Dans l’état actuel du théâtre français, où dominent les forces de récession, peut-on espérer meilleure avant-garde que la rencontre d’un art authentique et d’un public nouveau ? (I 412) Comment s’en débarrasser, de Ionesco : qui s’étonne ou s’inquiète de voir la scène dédoublée et se passer derrière ce que les acteurs semblent regarder devant ? (I 417) Quel pathétique admirable ne peut-on attendre d’une littérature dont l’objet serait purement terrestre ? (I 418) Mais ce qui nous intéresse ici, ce ne sont pas les raisons d’un ennui ou d’un échec, ce sont les raisons d’un espoir : qu’est-ce qui, dans la tentative d’Hermantier, nous rend compte de lui-même ? Qu’est-ce que le théâtre populaire peut à l’avenir attendre de lui ? (I 425) Mais comment pourrions-nous en vouloir à l’acteur chargé du rôle d’avoir satisfait consciencieusement aux normes d’un art de l’engluement que tout dans notre société : conservatoire, public, critique, exemples prestigieux, consacre comme la forme éternelle du génie dramatique ? (I 429) A quoi bon parler d’une œuvre si on lui ôte sa destination ? Et que peut-on savoir d’une pièce tant qu’on ne l’a pas remise entre les mains de ses consommateurs ? (I 434)